Henry Morgan

De tous les pirates, Henry Morgan fut probablement le plus célèbre. Anobli par un souverain britannique et doué de ce courage spectaculaire qui fascine les foules, c'était, en réalité, un scélérat sans foi ni loi, cruel, perfide, traître et sans scrupules. Flibustier prospère autant qu'audacieux, sa réputation était déjà bien établie quand, en 1668, il fit son entrée dans la ville pirate de Port Royal, à la Jamaïque, à la tête de 6 bateaux chargés d'un butin considérable qu'il venait d'enlever aux Espagnols.

Morgan était jeune alors, mais déjà rompu au métier. Comme tant d'autres Anglais de l'époque, il avait été déporté aux Antilles pour y travailler comme esclave. Il servit son maître à l'île de la Barbade pendant la période fixée, puis, dès sa libération, s'enrôla sur un bateau pirate comme simple matelot. Ayant amassé une petite fortune, il put s'associer avec d'autres marins à la bourse bien garnie, acheter un cotre et prendre la mer. C'est ainsi qu'il parvint à l'opulence dont il jouissait lorsqu'il fit son entrée dans la capitale pirate du monde occidental.

Definition et sens du mot

Classification: portail histoire > époque moderne > colonisation des Amériques

Henry Morgan
Le flibustier de la Jamaïque
Pirate et corsaire ayant sévi dans la mer des Caraïbes
Séparer les faits histoires de la légende de Henry Morgan est un exercice difficile, d'autant plus que l'on ne dispose pas d'information sur le flibustier avant 1655. Toujours est-il, Henry Morgan serait né en janvier 1635 au Pays de Galles et mort en août 1688 en Jamaïque.

Tantôt corsaire, tantôt escroc

Vers 1661, Morgan aurait appris le métier de capitaine d'un navire pirate aux côtés de Christopher Mings. Malgré son manque d'expérience, le flibustier se serait distingué lors du pillage de Campeche en 1663 dont il serait revenu avec un beau butin. En 1665, Morgan aurait offert ses services à Edward Mansfield, un vieux corsaire, pour lequel il aurait participé à des missions dans les caraïbes.

Lors de la mise à sac de Providence, le flibustier a décidé de se mettre à son compte et de poursuivre ses activités sous le couvert du gouverneur de Jamaïque. En théorie, l'île est une respectable colonie britannique, alors qu'en réalité, le gouverneur distribuait des brevets d'officier à tous ceux qui lui en demandaient, à condition qu'on lui réservât un dixième du butin enlevé.

L'assaut de Porto Bello

Située sur la côte atlantique, la ville de Porto Bello était à l'époque le port d'embarquement des trésors du Pérou pour étaient embarqués sur les galions de la flotte espagnole. Ayant réuni une flotte de 9 navires et près de 500 hommes, Morgan donne l'assaut en 1667 du premier fort de la ville la nuit venue. Tous les officiers et soldats de ce fort qui tombèrent entre les mains des pirates furent enfermés dans une des pièces du bâtiment, puis les flibustiers mirent le feu aux poudres, et les prisonniers périrent dans l'explosion.

La garnison du deuxième fort opposa une résistance longue et acharnée. Morgan eut alors recours à une ruse caractéristique. Il fit construire des échelles dont les barreaux étaient assez larges et assez solides pour porter chacun trois personnes. Puis il s'empara d'un couvent et d'un monastère et obligea les moines et les religieuses à monter sur les échelles pour servir de rempart humain aux assaillants. La bataille dura toute la journée; le fort finit par tomber, et Morgan soumit à la torture tous les habitants de Porto Bello.

Prise de Panama

Canons du port de Portobelo

Attaque de la ville de Panama par Morgan

En 1670, les rois d'Espagne et d'Angleterre signèrent un traité solennel connu sous le nom de traité de Madrid, aux termes duquel les deux souverains s'engageaient à prendre les mesures nécessaires pour que leurs sujets respectifs missent fin aux pillages réciproques des navires et des établissements des deux royaumes. Malgré cet accord et avec l'appui du gouverneur de Jamaïque, Morgan choisit 2 000 hommes, qu'il embarqua sur 37 navires pour attaquer les riches comptoirs espagnols.

Pour atteindre Panama, il fallait, après avoir débarqué à Chagres, traverser l'isthme à pied au milieu de la brousse tropicale. Prévenus de l'expédition suffisamment à l'avance, les Espagnols avaient eu le temps d'évacuer tous les animaux domestiques et n'avaient laissé pratiquement aucune nourriture sur le chemin, si bien que les pirates, épuisés par leur marche et qui ne s'étaient pas embarrassés de vivres, durent passer six jours et six nuits sans pouvoir se ravitailler.

À Panama, les Espagnols attendaient l'assaut de pied ferme. Ils disposaient à profusion des plus belles pièces d'artillerie que l'or de l'Espagne avait pu acheter. Ils étaient protégés par d'épaisses murailles et par une garnison bien entraînée, dix fois supérieure en nombre aux assaillants. Ils comptaient également sur leurs 20 000 têtes de bétail, pour la plupart des taureaux sauvages lâchés dans les rangs des flibustiers qui se portaient furieusement à l'attaque. Mais cette charge fut un lamentable fiasco. Les troupes espagnoles, qui avaient effectué une courageuse sortie, furent mises en déroute. Sans avoir perdu plus d'une centaine d'hommes, Morgan et ses flibustiers étaient à l'intérieur de la ville. Les Espagnols s'enfuirent en toute hâte. Cette nuit-là, la ville de Panama ne fut plus qu'un gigantesque brasier et la ville fut entièrement ravagée par l'incendie.

Quand les pirates se remirent en route vers Chagres, ils emmenaient 600 prisonniers pour les vendre comme esclaves et 175 mules chargées de butin. On ne connaîtra d'ailleurs jamais la valeur totale de ce butin, car Morgan, déloyal même avec ceux qui finançaient ses expéditions, ne leur dévoilait jamais le montant exact de ses profits.

Capture et retour en Angleterre

Vers la fin de l'année 1671, Henry Morgan aurait été capturé et amené en Angleterre pour y être jugé. Aucune accusation ne fut portée contre lui et bien au contraire, Charles II anobli le flibustier et le nomma sous-gouverneur de l'île de Jamaïque. Devenu sir Henry Morgan, il avait pour mission de chasser les pirates de la mer des Caraïbes à partir de la base de Port-Royal. Tout en servant loyalement son roi Morgan ne cessa d'accroître ses richesses et sa puissance. Il mourut âgé, comblé d'honneurs, et eut droit à des obsèques royales.

dans la langue française

Locution nominale
    Unité lexicale associée
      Synonyme

      Expression et citation

      à découvrir sur le portail histoire

      Chef de guerre de la France libre
      Le chef de l'insurrection gauloise
      Que s'est-il passé lors du siège d'Alésia ?